III
Roger de Nantel, qui, à défaut de président,—les Salomoniens se passaient fort bien de ce personnage,—joignait à ses fonctions bisannuelles de secrétaire-trésorier de l’Association celles d’organisateur des banquets et de questeur, commençait son exposé, quand Magimier l’interrompit, pour se plaindre du bruit qui se faisait dans une salle contiguë. Ce bruit n’avait pas gêné nos convives, et ils ne s’en étaient même pas aperçus, tant que la conversation avait été générale. Maintenant qu’ils se taisaient pour ouïr un seul d’entre eux, on n’entendait plus que le brouhaha voisin.
«Nantel! Ce n’est pas à nous qu’il fallait imposer silence, c’est à ces braillards ... C’est un repas de noce qui se donne là?
—Ah! repas de noce est bon! s’écria Veyssières.
—Superbe! lança un autre.
—Ah! délicieux! Oui, un repas de noce!
—Et quelle nopce, mes enfants!
—Qu’y a-t-il de si risible là-dedans? Je ne comprends pas ... murmura Magimier interloqué.