—Oh! Oh!
— ... «Prendre soin du ménage ...»
—Et celles qui n’en ont pas?
—Comme vous le dites très bien, citoyennes: Et celles qui n’ont pas de ménage, pas de famille? «Ce qui m’étonne, continue M. Sarcey,—que je continue, moi, à vous citer—ce qui m’étonne, c’est que les hommes qui se disent progressistes et pionniers de l’avenir, au lieu de plaindre les femmes, qu’une mauvaise organisation de la société oblige à sortir de leurs attributions, les en louent comme d’une conquête.»
—Et c’en est une!
—On veut nous ramener au foyer, toujours!
—C’est-à-dire aux carrières!...
—A l’esclavage!
—A l’esclavage, c’est cela!
—Mais nous ne nous laisserons pas ainsi refouler sous le joug, citoyennes! Au besoin, nous proclamerons la grève ... Car l’homme—jusqu’où ne va pas son audace!—l’homme prétend que nous n’avons pas les mêmes titres que lui pour occuper les emplois publics. Oui! Écoutez encore un chroniqueur en renom, M. Edmond Lepelletier. Il s’apitoye sur notre sort, celui-là, il daigne nous honorer de sa compassion ... «Pauvres femmes! écrit-il dans le Radical, sous son pseudonyme Jean de Montmartre. Ah! combien vous devriez maudire le jour où il vous monta au cerveau cette fièvre d’orgueil de vouloir être des demoiselles, des institutrices, des employées de la Ville ou de l’État! Le meilleur moyen de réagir, d’améliorer votre destinée, serait de renoncer à ces funestes rêves d’emplois administratifs ...»