—Ah! je t’en ficherai, des créatures d’élite!

—Plutôt les gotons et les souillons!

—Elle ne doit ni boire ni manger, celle-là, pour ne pas ressembler à sa chienne!

—Ni marcher, ni dormir, ni respirer ...

—Écoutez donc! Pchtt!»

«...La fécondité, si appréciée chez les femelles des animaux, est, chez les femmes, un malheur redouté. Voilà un fait général, certain, indéniable ... L’homme, toujours égoïste et toujours privilégié, ne s’inquiète nullement des grossesses. «Ce n’est pas lui qui écope», selon la familière expression de la plus spirituelle de nos romancières. Mais la femme, elle, victime de l’implacable fatalité ... Ah! mesdames, comme je comprends bien cette tristesse qui pèse sur le sort de la femme! Le rire est le propre de l’homme,—de l’homme, toujours sans idéal, toujours matériel, terre à terre, rampant et grossier ...

—Bravo! A bas les hommes!

— ... Laissons-le-leur, ce rire, indice de leur infériorité, et dont l’absence fait notre éloge, à nous, et nous honore ... Le Christ n’a jamais ri ... Le rire est partout preuve de bassesse ... Aussi est-ce avec une exultante fierté que nous constatons, mesdames, que les femmes écrivains ne tombent jamais dans le comique, qu’aucune d’elles ne s’abaisse à ce point ... Elles ignorent le rire: quel plus bel éloge peut-on leur décerner?... Toujours grave, digne, sérieuse, distinguée, chaste, moralisatrice, la femme laisse à son rival, à l’homme, les obscénités et immondices d’un Rabelais ou d’un Montaigne, d’un Brantôme ou d’un Saint-Simon, de La Fontaine et de Diderot, de Molière et de Voltaire, ces deux vils insulteurs du sexe de Jeanne d’Arc ...

—Bravo! Bravo!