—Ce n’est pas moi qui parle, c’est ce malotru de Jean-Jacques: «Une femme sans tetons n’est pas une femme pour moi!»

—Parfait! Vive Jean-Jacques! cria Magimier.

—A la bonne heure!

—Moi, je suis comme Magimier: j’aime la chair, je n’en disconviens pas ...

—Moi aussi, mon cher sénateur, repartit Ravida. Malheureusement, les neuf dixièmes des femmes d’aujourd’hui ont l’air de ne pas avoir un brin de force, un souffle de vie. Ce n’est pas capitonné, ça manque d’ampleur et de relief, c’est chétif, anémié, maladif et malsain. Ça pose pour les délicates, les langoureuses, les vaporeuses, les éthérées, les esthètes, les intellectuelles ... As-tu fini! Comme vous le disiez il y a un instant, sénateur: la santé avant tout. Vivent les femmes bien portantes, riches de sein et solides au poste!

—Bravo, Ravida!

—Les femmes où tous les attributs du sexe sont copieusement accusés, ajouta Jourd’huy.

—Et se détachent en vigueur, selon une expression du métier, reprit le peintre Ravida.

—Le style, c’est l’homme; mais le corset, c’est la femme! glapit Sambligny.