IV

ANNE DE BOLEYN ou BOULEN (1500-1536), dont on connaît la fin tragique, a laissé un exemplaire du Nouveau Testament (édition de Tyndall), conservé aujourd'hui au British Museum, et dont les tranches portent son nom en grandes lettres rouges[ [84].

Sur les derniers moments de cette princesse, victime des passions du roi d'Angleterre Henri VIII, son mari, voici quelques émouvants détails que Bossuet, dans son Histoire des variations[ [85], a empruntés à l'historien anglais Burnet:

«La malheureuse espéra en vain de fléchir le roi, en avouant tout ce qu'il voulait. Cet aveu ne lui sauva que le feu. Henri lui fit couper la tête. Le jour de l'exécution, elle se consola, sur ce qu'elle avait ouï dire que l'exécuteur était fort habile; «et d'ailleurs, ajouta-t-elle, j'ai le cou assez petit». «Au même temps, dit le témoin de sa mort, elle y a porté la main et s'est mise à rire de tout son cœur,» soit par l'ostentation d'une intrépidité outrée, soit que la tête lui eût tourné aux approches de la mort; et il semble, quoi qu'il en soit, que Dieu voulait, quelque affreuse que fût la fin de cette princesse, qu'elle tînt autant du ridicule que du tragique.»

Si habile et si endurci que fût l'exécuteur, deux fois, paraît-il, il essaya de lever la hache, et deux fois ses bras défaillirent, car Anne le regardait.

«Oh! milord, dit-il à Thomas Cromwell, si elle me regarde toujours, je ne pourrai jamais frapper.»

Il fallut qu'Anne détournât sa tête charmante, pour que le bourreau reprît du cœur et accomplît sa fatale mission[ [86]

CATHERINE DE MÉDICIS (1519-1589), rassembla, dans sa somptueuse résidence de Saint-Maur-des-Fossés, une excellente bibliothèque, qu'elle mettait à la disposition des savants: