La duchesse de Brancas était bien une femme de son époque, et que la sévérité des mœurs n'embarrassait guère. Saint-Simon nous a laissé d'elle et de son digne époux, qui était livré à «une infâme débauche[ [236]», ce sanglant et admirable portrait:

«Le duc de Villars et sa femme, sans estime réciproque, qu'en effet ils ne pouvoient avoir, vivoient fort bien ensemble dans une entière et réciproque liberté, dont elle usoit avec aussi peu de ménagement de sa part que le mari de la sienne, qui le trouvoit fort bon, et en parloit même indifféremment quelquefois et jusqu'à elle-même devant le monde, et l'un et l'autre sans le moindre embarras. Mais elle étoit méchante, adroite, insinuante, intéressée comme une crasse de sa sorte, ambitieuse, avec cela artificieuse, rusée, beaucoup d'esprit d'intrigue, mais désagréable plus encore que son mari; et tous les deux bas, souples, rampants, prêts à tout faire pour leurs vues, et rien de sacré pour y réussir, sans affection, sans reconnaissance, sans honte et sans pudeur, avec un extérieur doux, poli, prévenant, et l'usage, l'air, la connaissance et le langage du grand monde[ [237]

«En 1740, la duchesse de Villars, qui, depuis deux ans, portait le titre de duchesse de Brancas, par suite de la mort de son beau-père, avait soixante-quatre ans. C'était, écrit Eugène Asse[ [238], une femme à l'esprit gaulois, dont l'anecdote suivante peut aider à se faire une idée: «Hier, M. de Richelieu, raconte d'Argenson[ [239], donna un grand souper à sa petite maison, par delà la barrière de Vaugirard. Tout y est en galanteries..., les lambris... ont des figures fort immondes. Le beau du début de ce souper étoit de voir la vieille duchesse de Brancas vouloir voir ces figures, mettre ses lunettes, et, avec une bouche pincée, les considérer froidement, pendant que M. de Richelieu tenoit la bougie et les lui expliquoit.»

La MARQUISE DE VIEUXBOURG ou DE VIEILBOURG, Louise-Françoise de Harlay de Cély (1680-1735).

«La marquise de Vieilbourg, remarquable par son intelligence et sa beauté, était passionnée pour les hautes spéculations de l'esprit. Elle avait colligé un superbe cabinet d'objets d'art et de curiosité, et une bibliothèque du meilleur goût[ [240]

Cette bibliothèque fut vendue après le décès de la marquise, en 1735; le catalogue, comprenant 1043 nos, avait été dressé et rédigé en latin par le libraire et bibliographe Gabriel Martin[ [241].

La MARQUISE DE VASSÉ, Anne-Bénigne-Fare-Thérèse de Beringhen, femme d'Emmanuel-Armand, marquis de Vassé, brigadier des armées du Roi (1682?-1749).

Sa bibliothèque, riche surtout en romans de chevalerie, et dont le catalogue comprenait 184 articles, fut vendue en 1750, peu après la mort de la marquise[ [242].

La COMTESSE DE BISSY, Sylvie-Angélique Andrault de Langeron (1684?-1771)[ [243].

La DUCHESSE DE LA VALLIÈRE, Marie-Thérèse de Noailles (1684-1784).