«...Le plus beau jour de la vie est celui où on la quitte. Cela revient à peu près, Madame, à ce que vous me dites si souvent: que le plus grand malheur est d'être né[ [267]

Mme du Deffand déclarait assez cyniquement «qu'elle n'avait ni tempérament ni roman, ce qui ne l'empêcha pas d'être galante avant d'être philosophe[ [268]

Sainte-Beuve, dans un de ses articles des Causeries du lundi[ [269], fait grand éloge du style et de la valeur littéraire des lettres de Mme du Deffand:

«Mme du Deffand est un de nos classiques par la langue et par la pensée... Elle est avec Voltaire, dans la prose, le classique le plus pur de cette époque, sans même en excepter aucun des grands écrivains.»

La MARQUISE D'AMBRES, Henriette-Antoinette de Mesmes (1698-1715)[ [270].

La MARQUISE DE PRIE, née Agnès Berthelot de Pleneuf (1698-1727)[ [271]

Fille d'un financier, «qui s'était gorgé par bien des métiers», dit Saint-Simon[ [272], cette amie des livres eut une existence très mouvementée. En 1713, elle épouse le marquis de Prie, qui fut ambassadeur à Turin; rentre à Paris, en 1719, et devient la maîtresse du duc de Bourbon, qu'elle domina bientôt entièrement. Elle était belle, très ambitieuse, et quand son amant fut nommé premier ministre après la mort du Régent, elle exerça un pouvoir absolu, dont elle ne fit guère usage que pour satisfaire ses passions et sa rapacité. Dame du palais de Marie Leszczynska, qu'elle avait contribué à faire monter sur le trône, elle voulut faire chasser Fleury, alors évêque de Fréjus. Elle échoua; le duc de Bourbon fut disgracié (juin 1726); et, exilée en Normandie, la marquise de Prie ne put supporter son malheur et s'empoisonna l'année suivante.

La COMTESSE DE GÉLAS, Henriette-Antoinette de Mesmes (1698-....)[ [273].