Lamartine (1790-1869) a pris avec la grammaire des licences aussi fréquentes qu’exagérées. Il écrit, par exemple, vêtissait, au lieu de vêtait, non seulement dans ses vers, où il pouvait être gêné par le rythme, mais en prose: «Le soleil qui le vêtissait de son auréole de rayons.» (Le Tailleur de pierres de Saint-Point, III, p. 24; Hachette, 1899.)
Il a des inadvertances de ce genre:
Ah! qu’il pleure, celui dont les mains acharnées,
S’attachant comme un lierre aux débris des années,
Voit avec l’avenir...
(Nouvelles Méditations, V, p. 44; Hachette, 1858.)
Pour fournir une rime à lune, il crée l’incohérente locution l’une après l’une (au lieu de l’une après l’autre):
Deux vagues, que blanchit le rayon de la lune,
D’un mouvement moins doux viennent l’une après l’une
Murmurer et mourir.