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Suivant l’exemple de Lamartine, que nous avons vu écrire l’une après l’une, au lieu de l’une après l’autre, et pour obtenir une rime à lune (Cf. ci-dessus, [p. 81]), Catulle Mendès (1843 ou 1841-1909) crée la locution l’autre et l’une, au lieu de l’une et l’autre:

Et tandis que, claire lacune,

S’ouvre en la nuit brune la lune,

Pâmez-vous d’amour l’autre et l’une.

(Catulle Mendès, Poésies, L’hymnaire des amants, t. III, p. 256; Charpentier, 1892.)

Elle a parfois de terribles exigences, la rime!

Clovis Hugues (1851-1907), qui était de Marseille, il est vrai, a découvert un jour qu’il y avait trois moitiés dans un tout:

Quoi! parce qu’un coquin qui s’avance en rampant,

Moitié tigre, moitié chacal, moitié serpent.