... L’ombre hideuse, ignorée, insondable,

De l’invisible Rien vision formidable,

Sans forme, sans contour, sans plancher, sans plafond,

Où dans l’obscurité l’obscurité se fond,

Etc, etc.

C’est dans Les Chansons des rues et des bois qu’apparaît peut-être le mieux la prodigieuse maîtrise de Victor Hugo, cette aisance et cette souplesse acquises en partie à force de travail et de pratique, cette FORCE, cette PUISSANCE, qui est sa caractéristique.

Lamartine ignorant qui ne sait que son âme,

Hugo puissant et fort, Vigny, soigneux et fier,

a très exactement dit Sainte-Beuve (Poésies complètes, Pensées d’août, A M. Villemain, p. 377-378; Charpentier, 1890).

C’est aussi dans Les Chansons des rues et des bois que notre poète s’est le plus volontiers livré à sa passion pour les jeux de mots, les concetti, plaisanteries et drôleries, fréquents mélanges de Dante et de Turlupin.