Alphonse Daudet, qui reconnaissait lui-même tout le premier l’impureté de son style: — «Les gens nés au delà de la Loire ne savent pas écrire la prose française», disait-il (Cf. Journal des Goncourt, t. VI, 1878, p. 24)[49], — abuse des néologismes inutiles et présente fréquemment des tournures de phrases inusitées ou fautives:

«Cette ironie de son fils l’appelant: Maître, cher maître, pour moquer ce titre dont on le flattait généralement...» (L’Immortel, p. 6; 1re édit., Lemerre, 1888.)

«Le nâvrement (sic) de la bouche et du regard signifiait...» (Ibid., p. 12.)

«Longuement réflexionné là-dessus en battant les Champs-Élysées...» (Ibid., p. 59.)

«Les facticités du dessert.» (Ibid., p. 115.) Pour signifier les menus plats de la fin d’un dîner.

«Dans ce frénétisme de vivats...» (Ibid., p. 132.) Frénésie, qui est français, suffirait peut-être.

«Il s’activait autour de la table.» (Ibid., p. 184.) Pour: il s’agitait, se remuait.

«Elle tombe à genoux sur un prie-Dieu, s’y prostre...» (Ibid., p. 186.) C’est-à-dire s’y prosterne.

«Il avait ouvert démesurément la bouche pour exploser sa colère.» (Ibid., p. 221.)

Dans Port-Tarascon (Flammarion, s. d.), Daudet confond auvents avec volets (p. 281); il fait effluves du féminin (p. 78).