C’est une femme aussi, c’est une ange charmante.
(Alfred de Vigny, Éloa, Poésies complètes, p. 14; Charpentier, 1882.)
[36] Cf. Victor Hugo, La Pitié suprême, XIV, p. 150 (Hetzel-Quantin, s. d. in-16):
Être le guérisseur, le bon Samaritain
Des monstres, ces martyrs ténébreux du destin,
Etc., etc.
[37] Une curieuse et amusante aventure arriva à Marmontel, précisément comme il briguait les suffrages académiques. «... Désirant avec ardeur une place à l’Académie, Marmontel prit le parti de louer, dans sa Poétique française, presque tous les académiciens vivants dont il comptait se concilier la bienveillance et obtenir la voix pour la première place vacante. Il se fit presque autant de tracasseries qu’il avait fait d’éloges; personne ne se trouva assez loué, ni loué à son gré. Il avait cité de Moncrif un couplet avec les plus grands éloges; Moncrif prétendit qu’il fallait citer et transcrire la chanson tout entière ou ne point s’en mêler.» (Correspondance de Grimm, t. I, p. 337-338; Buisson, 1812.)
[38] Cf. Chateaubriand (Génie du christianisme, VI, 5; t. I, p. 169; Didot, 1865): «L’enfant naît, la mamelle est pleine; la bouche du jeune convive n’est point armée, de peur de blesser la coupe du banquet maternel.»
[39] Sur les mystifications commises par Charles Nodier, voir mon ouvrage Mystifications littéraires et théâtrales, p. 89 et suiv. (Fontemoing, 1913).
[40] Nous avons vu aussi (p. 94 et 135) le même système préconisé plus ou moins sérieusement par Théophile Gautier: «Il faut, dans chaque page, une dizaine de mots que le bourgeois ne comprend pas», etc. Et (déjà cité p. 136) Destouches (La Fausse Agnès, I, 2): «La baronne. Cet endroit-ci n’est pas clair, mais c’est ce qui en fait la beauté. — Le baron. Assurément. Quand je lis quelque chose, et que je ne l’entends pas, je suis toujours dans l’admiration.» Cf. aussi Montaigne, le cardinal de Retz, La Bruyère, etc., cités par nous p. 135-136.