La chassa de son trône ainsi que de son lit,

estimant le mot lit trop suggestif, ils ont écrit:

Lorsque le roi, contre elle enflammé sans retour,

La chassa de son trône ainsi que de sa cour.

(Cf. Edmond Texier, Les Choses du temps présent, p. 202-204; Hetzel, 1862.)

Il y a eu mieux encore. On s’est avisé, au dix-septième siècle, de se demander si Racine était vraiment poète et s’il était vraiment chrétien, et la réponse fut deux fois négative. «Les Jésuites... en 1673, soumirent à un examen le génie et la religion de Racine. Il fut question de savoir s’il était poète et chrétien: le public fut invité à cette discussion, et des enfants dressés par le jésuite Soucié (ou Souciet) la terminèrent en décidant que l’auteur immortel de Phèdre et d’Athalie n’était ni poète ni chrétien, nec poeta nec christianus.» (Vie de Voltaire, chap. II, p. 17-18, en tête de ses Œuvres, édit. de Kehl.)

Il est vrai que, plus tard, il a été traité de «polisson» et de «vieille botte»: le premier de ces qualificatifs lui a été donné, paraît-il, par Frédéric Soulié (Cf. Le Temps, 1er décembre 1912, art. signé Paul Zahori; — cf. aussi Théophile Gautier, Les Jeunes-France, Daniel Jovard, p. 90; Charpentier, 1879: «Ce polisson de Racine, si je le rencontrais, je lui passerais ma cravache à travers le corps»); — la seconde épithète est d’Auguste Vacquerie (Profils et Grimaces, p. 17: «... Les bottes neuves gênent le pied, les idées neuves gênent l’intelligence. Le drame est tout neuf, Racine est une vieille botte.»)

Terminons par cette plaisante remarque d’un contemporain de Racine. Celui-ci, comme on sait, était «grand courtisan, détestait les jésuites, et évitait cependant d’en dire du mal par précaution. Lorsqu’il mourut et qu’on sut qu’il avait demandé à être enterré chez les solitaires de Port-Royal, le comte de Roussy dit aussitôt: «Racine ne s’y serait certainement pas fait enterrer de son vivant». (Cf. l’abbé de Voisenon, Anecdotes littéraires, p. 36; Librairie des bibliophiles, 1880; — et Eugène Muller, Curiosités historiques et littéraires, p. 264; Delagrave, 1897.)

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Les bizarreries de style et les vers négligés ou étranges et aussi les cacophonies abondent chez Molière (1622-1673), à tel point que Théophile Gautier s’amusait à dire que «comme tapissier, le Poquelin avait peut-être quelque mérite, mais, comme poète, c’est un pleutre que nous aurions sifflé s’il eût apparu en 1830». (Cf. Le National, 9 janvier 1887.)