déclare-t-il au duc de Vendôme, un cynique débauché.
Et cet «encens» néanmoins, si grossier qu’il fût, notre poète estimait «qu’il avait le secret de le rendre exquis». (Fables, Daphnis et Alcimadure, XII, 26.)
Nous avons vu, dans Rotrou, un acteur baiser le sein de sa maîtresse sur la scène; les mêmes libertés de gestes se retrouvent dans le théâtre de La Fontaine, où, à plus d’une reprise (L’Eunuque, IV, 1, 8, etc.), nous lisons des jeux de scène comme ceci:
«Chrémès, lui voulant mettre la main au sein...
«Pythie, se retirant, et repoussant sa main...»
Et je vous fais grâce du texte.
Voyez aussi, de La Fontaine, Clymène, comédie en un acte (vers la fin), et Ragotin ou le Roman comique, comédie en cinq actes, où des scènes des plus grossières, des plus ordurières (II, 11; III, 7; etc.) rappellent absolument Tabarin et les anciennes farces de la foire. Rien ne démontre mieux que ces hardiesses, ces «inconvenances», combien nos mœurs diffèrent de celles du grand siècle.
Lorsque La Fontaine fit représenter sa comédie Le Florentin, que Voltaire place cependant «au-dessus de la plupart des petites pièces de Molière», il ne laissait pas, raconte-t-on, de demander, dans la salle même du théâtre, — mais était-ce sérieusement ou en plaisantant? «Quel est donc le malotru qui a fait cette rapsodie?» (Cf. La Fontaine, édit. des Grands Écrivains, t. VII, p. 400; — et Victor Hugo, Notre-Dame de Paris, livre I, chap. 3; t. I, p. 40; Hachette, 1858.)
Nous retrouvons, chez La Fontaine, des incorrections de prosodie analogues à celles que nous avons signalées chez Molière. Dans la fable Le Vieillard et ses enfants (IV, 18), on rencontre, presque au début, trois rimes masculines qui se suivent (enfants, appelait, parlait). Dans la fable Les Lapins (X, 14 ou 15), guides (au pluriel: certaines éditions mettent le singulier, quoique le sens de la phrase exige le pluriel, employé par La Fontaine) rime avec solide (au singulier). Dans la fable Le Corbeau, la Gazelle, etc. (XII, 15), quatre rimes masculines se suivent: imparfaitement, infiniment, autrement, firmament; et un peu plus loin, dans la même fable, nous rencontrons encore trois rimes du même genre: tourmentant, instant et comment.
Les cacophonies sont assez fréquentes chez La Fontaine comme chez Molière: