«C’est la réponse à la vôtre, c’est la réponse à la vôtre: c’est...» (Rose et Colas, sc. 8.)

«Elle est sage, elle est sage, ah! très sage.» (Ibid.)

«Et moi, et moi, n’ai-je pas...» (Ibid.)

«Oui, pour dire à ton père, pour dire à ton père qu’il y a plus d’aveugles que de clairvoyants.» (Ibid., sc. 15.)

«Folle! folle! je vais te faire voir...» (Ibid.)

«C’est bien naturel, c’est bien naturel. Tenez...» (Ibid., sc. 16.)

Arrêtons-nous: les exemples de ces répétitions sont innombrables dans le théâtre de Sedaine, on dirait des doublons typographiques.

Sedaine estimait que «tout ce qui n’est pas suffisamment développé», dans un récit ou un dialogue, ne produit qu’une impression médiocre; et quand on trouvait des longueurs dans ses ouvrages, il était rare qu’il ne répondît pas: «J’allongerai». (Notice sur Sedaine, Chefs d’œuvre des auteurs comiques, t. VII, p. 2; Didot, 1861.)

Son style, outre les susdites répétitions continuelles, est souvent négligé et incorrect: — «Alexis laisse tomber sa tête sur son estomac» (Le Déserteur, I, 6), — et l’on raconte, à ce sujet, l’anecdote suivante, dont je ne garantis pas l’authenticité: «... Sedaine, qui écrivait aussi mal en vers qu’en prose, et qui en convenait sans peine, ayant entendu le discours de réception d’un de ses nouveaux collègues (à l’Académie), se jeta au cou du récipiendaire, et lui dit avec effusion: «Ah! monsieur, depuis vingt ans que j’écris du galimatias, je n’ai encore rien dit de pareil.» (Curiosités littéraires, Académies, p. 299; Paulin, 1845.)

Lemierre (1723-1793), à qui l’on doit ce vers si connu et qualifié «le vers du siècle»: