L.-E. J. [Louis-Ernest Jeandin]: classer à Jeandin.

Choix de petits romans de différents genres, par M. L. M. D. P.

Londres, 1789. 2 vol. in-18.

Ces initiales signifiant: M. le marquis de Paulmy, mettre en tête de la fiche:

[PAULMY (marquis de)]

et classer à Paulmy.

Si le nom est inconnu, on peut ou considérer l'ouvrage comme anonyme, ou le classer à la dernière initiale qui figure sur le titre comme nom d'auteur, ou, au contraire, selon d'autres bibliographes, à la première initiale; c'est-à-dire que ceux-ci considèrent cette première initiale comme étant celle du nom de famille de l'auteur, l'autre ou les autres initiales étant celles de ses prénoms; tandis que ceux-là estiment que c'est la dernière initiale qui doit être celle du nom. Soit un ouvrage intitulé Pensées chrétiennes, par D. R. T., dont l'auteur est absolument inconnu; on classera la fiche ou comme celles des ouvrages anonymes[467], ou à la lettre T, ou à la lettre D[468].

Quelques écrivains, parmi ceux notamment dont les noms de famille sont très répandus, ont imaginé, pour éviter autant que possible toute confusion, de joindre, par un tiret ou trait d'union, ce nom à leur prénom. Louis-Aimé Martin, par exemple, l'éditeur de Bernardin de Saint-Pierre, signait ses livres: L. Aimé-Martin; de même M. Fernand Lafargue a signé la plupart de ses romans: Fernand-Lafargue. Il est nécessaire, dans ce cas, de rédiger deux fiches, l'une—principale—à Martin et à Lafargue; l'autre—de renvoi—à Aimé-Martin et à Fernand-Lafargue[469].

Les journaux et périodiques se classent, comme les ouvrages anonymes, soit à part, soit à leur mot d'ordre[470], qui est, nous l'avons vu, le premier substantif nominatif du titre. Ainsi, au catalogue alphabétique, le Magasin pittoresque se classera à Magasin; le Moniteur du Sport et de la Mode, à Moniteur; au catalogue méthodique, nous classerions ce dernier périodique à Sport (fiche principale) et mettrions à Mode une fiche de renvoi. Ne craignez pas d'ailleurs de trop multiplier les fiches de renvoi: «un catalogue bien ordonné ne contient jamais trop de renvois», dit très bien l'Instruction générale, du 4 mai 1878, relative au service des bibliothèques universitaires[471].

Outre le double catalogage de rigueur, alphabétique et méthodique, il est d'usage de cataloguer à part les manuscrits, les incunables, les volumes de grande valeur, tous les joyaux d'une bibliothèque, ce qu'on appelle à notre Bibliothèque nationale, ainsi que nous l'avons dit déjà, la réserve. Comme il est utile de décrire ces ouvrages en détail, d'en reproduire même avec exactitude la disposition typographique du titre, de l'incipit ou du colophon, en signalant les particularités de l'exemplaire, le format de notre fiche habituelle (8 ou 10 centimètres sur 12 ou 14) peut être insuffisant pour de tels développements. On se servira donc, pour ce catalogue spécial, de feuilles de papier plus grandes (pot, tellière, etc.), qu'on renfermera dans des reliures mobiles ad hoc[472], et l'on rédigera ces descriptions dans le genre des modèles suivants, empruntés, sauf de légères modifications, à l'excellent Manuel du libraire de Jacques-Charles Brunet et à son supplément[473].

CONTENANCES (Les ||) de la Table. || S. l. n. d., in-4, de 6 ff.

Le premier feuillet contient le titre, qui commence par une grande L historiée de Vérard; les deux feuillets suivants sont signés a ii et a iii. Le reste de la pièce est sans chiffres ni réclames; il n'y a pas de ponctuation.

Le 10e quatrain, qui finit le verso du 2e f. et commence le 3e, a cinq vers; c'est-à-dire que le 2e vers se trouve répété en haut du 3e f., ce qui constitue une sorte de réclame.

Au verso du 5e f. commence une ballade de 3 strophes octosyllabiques, plus un quatrain, et à la suite, au bas du recto du 6e f., on lit: Cy finissent les contenāces de la table.[474]