Du côté du sujet, tantôt ce n'est qu'un son inarticulé, un simple bruit qu'il perçoit, tantôt (et c'est le cas le plus fréquent) c'est une voix humaine qui est reconnue ou non. Cette voix pousse un simple cri, ou bien prononce des paroles.
Du côté de l'agent, dans les cas qui n'ont pas été suivis de mort, et où la vérification est possible, il arrive que les cris ou les mots n'ont été qu'à demi-émis, et même simplement imaginés.
Ces diverses classes d'hallucinations auditives indiquées, voici quelques observations empruntées toujours au livre de MM. Gurney, Myers et Podmore.
Dans la suivante, il s'agit d'un cri terrible d'agonie poussé par l'agent et entendu par le sujet qui ne reconnaît pas la voix.
CIX (34). Ce récit est dû à un homme fort honorable que nous désignerons par les initiales de A. Z... Il nous a donné les noms véritables de toutes les personnes dont il est question dans son récit, mais il désire qu'ils ne soient pas publiés, en raison du caractère douloureux des faits qui y sont rapportés.
Mai 1885.
«En 1876, je demeurais dans une petite paroisse agricole de l'est de l'Angleterre.
J'avais pour voisin un jeune homme S. B... qui possédait, depuis peu, une des grandes fermes du pays. Pendant qu'on arrangeait sa maison, il logeait, avec son domestique, à l'autre bout du village. Son logement était fort éloigné de ma maison; il en était distant d'un demi-mille au moins, et il en était séparé par beaucoup de maisons et de jardins, par une plantation et des bâtiments de ferme. Il aimait les exercices du corps et la vie en plein air, et passait une bonne partie de son temps à chasser. Ce n'était pas pour moi un ami personnel, mais une simple relation; je ne m'intéressais à lui que comme à l'un des grands propriétaires du pays. Par politesse, je l'ai invité à venir me voir, mais autant que je m'en souviens, je ne suis jamais allé chez lui.
Une après-midi du mois de mars 1876, comme je quittais la gare, avec ma femme, pour rentrer chez moi, S. B... nous aborda. Il nous accompagna jusqu'à la porte d'entrée; il resta encore quelques instants à causer avec nous, mais il n'y eut rien de particulier dans cette conversation. Il faut noter que la distance entre cette porte et les fenêtres des salles à manger est, par le chemin, à 60 yards; mais les fenêtres de ces pièces donnent au nord-est sur le chemin à voitures.
Après que S. B... eut pris congé de nous, ma femme me dit: «Evidemment, le jeune B... désirait que nous lui disions d'entrer, mais j'ai pensé que vous ne vous souciez pas de vous laisser déranger par lui.» Une demi-heure plus tard environ, je le rencontrai de nouveau, et, comme je voulais jeter un coup d'œil sur un travail que l'on faisait tout au bout du domaine, je lui demandai de faire la route avec moi. Sa conversation n'eut rien de particulier, ce jour-là; toutefois, il semblait être un peu ennuyé par le mauvais temps et le bas prix des produits agricoles. Je me rappelle qu'il me demanda des cordages en fil de fer, pour faire un treillage dans sa ferme, et que je lui promis de lui en donner. Au retour de notre promenade et à l'entrée du village, je m'arrêtai au chemin de traverse pour lui dire bonsoir; le chemin qui conduisait chez lui tombait à angle droit sur le mien. Et à ma grande surprise, je l'entendis dire: «Venez fumer un cigare chez moi, ce soir.» Je lui répondis: «Ce n'est guère possible, je suis engagé ce soir.» «Venez donc!» me dit-il. «Non, lui répliquai-je, je viendrai un autre soir.» Sur ce mot, nous nous séparâmes.