Le lendemain matin, de bonne heure, avant de quitter la maison pour toute la journée, j'allai voir sous la fenêtre s'il y avait des traces de pas. Peut-être n'est-il pas tout à fait exact de dire qu'il avait neigé. Il était tombé plutôt un peu de grêle et de grésil, et l'on voyait à travers les brins d'herbe, mais cela suffisait pour que personne ne pût passer par là sans laisser de traces.

Je n'assistai pas moi-même à l'enquête, de sorte que je n'en sais que ce que j'ai entendu dire. Dans mon récit, j'ai dit que le domestique avait été réveillé par un cri. J'ai interrogé cet homme (dont M. Z... donne le nom) et je l'ai serré de près, en le contre-interrogeant sur ce détail de sa déclaration: il est plus exact de dire qu'il fut réveillé par une série de bruits, qui se terminèrent par un fracas ou une «lourde chute». Cela est probablement plus exact, car le fils du fermier (suit le nom), qui demeurait dans la maison voisine, fut réveillé par la même sorte de bruits, qui arriva de la maison de B... à travers le mur, jusqu'à la chambre où il couchait.

Cependant, je ne veux pas que l'on pense que des bruits matériels quelconques, entendus dans la maison de B... aussi bien que dans celle du voisin, aient pu avoir quelques relations avec le bruit et le cri particulier qui m'ont tant effrayé. Toute personne, connaissant la localité, doit admettre l'impossibilité absolue que de pareils bruits puissent traverser tous les obstacles interposés. Je veux seulement dire que la scène qui se passa dans l'une des deux maisons coïncida avec mon alarme et avec les phénomènes qui se passaient dans l'autre maison.

J'apprends par un renseignement, puisé dans le livre de.... (suit le nom), pharmacien de..., que le jeune S. B.. s'était procuré le poison le 8 mars. Ci-joint, en réponse à votre demande, une note de Mme A. Z...»

La note ci-jointe, signée par Mme A. Z... et aussi datée du 12 juin 1885, dit ce qui suit:

«Je puis attester que, dans la nuit du 9 mars 1876, vers dix heures, mon mari, qui était allé dans la chambre attenante, pour consulter un livre, fut fortement alarmé par des bruits qu'il entendit. A ce qu'il me dit, il avait entendu la grande porte claquer, puis des pas sur le chemin et sur la pelouse, puis une respiration haletante près de la fenêtre, et enfin un cri terrible.

Je n'entendis rien du tout. Mon mari ne sortit pas pour regarder autour de la maison, comme il aurait fait en tout autre moment. Et lorsque je lui demandai ensuite pourquoi il n'était pas sorti, il me dit: «Parce que j'ai senti que je ne pouvais pas.» Lorsqu'il alla se coucher, il monta son fusil, et lorsque je lui demandai pourquoi, il me répondit: «Parce qu'il doit y avoir quelqu'un par ici.»

Le lendemain matin, il partit de bonne heure, et il n'entendit pas parler du miracle de M. S. B... avant l'après-midi du même jour.»

M. A. Z... nous a dit qu'il n'avait jamais éprouvé d'impression semblable.

Un article d'un journal local, que nous avons lu, donne une relation du miracle et de l'enquête qui confirme le récit donné par M. A. Z...