—Un bouquet mêlé, dit-il aussi.
Il fut suivi d'un troisième Buridan semblable aux autres, qui prit le même bouquet mêlé, donna un louis et passa.
—C'est bien curieux! murmura-t-elle; voilà six Buridans, tous masqués, qui m'ont demandé la même chose.
Puis, comme, somme toute, c'était de peu d'importance, elle ne s'en occupa plus.
Cependant suivons la foule, pour nous servir de l'expression en usage auprès de messieurs les bateleurs de place publique. L'Opéra, brûlé naguère, ouvrait au public ses deux grands escaliers du bas, par lesquels on arrivait au premier étage, où se trouvaient les loges, l'amphithéâtre et le foyer.
Ce foyer, sans être aussi grand que celui que nous avons connu, tenait toute la largeur des panneaux du fond.
Les groupes y étaient si compacts, qu'à peine pouvait-on s'y promener.
Il y avait de tout dans cette cohue: des costumes, des habits et des dominos multicolores qui se heurtaient, se parlaient, s'appelaient se répondaient tous ensemble, de manière qu'il en résultait pour les oreilles une cacophonie épouvantable.
Les Buridans étaient en nombre.
Ils portaient tous le même uniforme, si bien qu'il eût été vraiment difficile de s'y reconnaître.