—Et que nous verserons encore! dit Henry de Puiseux d'une voix forte.
—Je l'espère! répondit Jean de Kardigân.
Il reprit:
—Je les ai priés de revêtir un costume de Buridan, parce que c'est le plus commun et celui qui devait le moins attirer l'attention. Puis il rappelle une époque, époque sainte! où ce n'étaient pas les gentilshommes qui faisaient un trône à leur roi, mais où c'était le roi qui faisait une noblesse à ses gentilshommes.
L'exorde chevaleresque du marquis avait impressionné les auditeurs.
Seul, M. Saincaize souriait.
Vous connaissez ce sourire, celui que l'homme vil a toujours aux lèvres quand il entend proclamer de nobles vérités ou prononcer de nobles paroles.
—Vous, messieurs, continua Jean en s'adressant à Berryer, à M. de Breulh et à M. Saincaize, votre présence ici était indispensable, puisque vous êtes membres du comité légitimiste de Paris. Maintenant que nous sommes réunis, je vais vous transmettre les ordres de S. M. Charles X, qui a daigné me recevoir.
—Les ordres? hasarda M. Saincaize en plissant dédaigneusement les lèvres.
—Oui, monsieur, les ordres, insista froidement Jean. Le roi ne nous demande pas des conseils, il nous demande de l'obéissance. Le comité fera ses observations et le roi appréciera.