—Oui, monsieur, répliqua Jean à M. de Breulh, qui venait de faire cette interruption.

—Et le comité de Paris? dit M. Saincaize.

—Je vous avais répondu, monsieur, continua Jean, que Sa Majesté s'attendait à notre obéissance et non à nos conseils: j'avais tort. C'était mon opinion que je formulais ainsi, non la sienne. Sa Majesté écoutera les conseils du comité de Paris. Seulement, permettez-moi de vous expliquer les ressources que nous avons à notre disposition.

Je vous ai priés, messieurs Berryer, de Breulh et Saincaize, de venir ici, parce que votre opinion entraînera celle du comité légitimiste. De même que les six gentilshommes qui sont là pourront agiter leurs provinces bretonnes si la guerre est décidée.

Le projet est celui-ci: soulever la Vendée, y former un noyau armé, et si Dieu nous donne la victoire, marcher immédiatement sur Paris. En même temps nos amis du Midi soulèveront Marseille et Lyon. Les républicains et les bonapartistes ne tireront pas l'épée pour défendre un gouvernement qu'ils exècrent, quittes à nous attaquer, nous, si nous sommes vainqueurs.

Avec l'aide de deux divisions de l'armée, dont les généraux et les officiers sont à nous, nous arriverons à Paris.

—Et après? dit encore M. de Breulh.

—Après? Si nous sommes vainqueurs…

—Vous serez grands. Mais si vous êtes vaincus?

—Nous mourrons, voilà tout!