Seulement, pour s'enfuir, il lui fallait l'espace.

Quand il arriva dans la rue, la neige avait un peu calmé son intensité première.

Les cinq hommes commencèrent par le faire asseoir sur le trottoir, pour qu'ils eussent le moyen de charger leurs fusils.

Il faisait froid; les mains gelées par la neige tremblaient.

Cela dura dix bonnes minutes.

Au bout de dix minutes, ils prirent le prisonnier par les épaules, et l'entraînèrent dans la direction du poste du Panthéon.

Aubin Ploguen ne bronchait pas.

On eût juré qu'il en était à sa vingtième arrestation.

Seulement, pour souffler dans ses doigts, sans doute, il portait de temps à autre ses mains liées à ses lèvres, mais en réalité, tout doucement, il coupait avec ses dents les cordes qui liaient ses mains.

Un soldat le tenait par l'épaule droite, pendant qu'un autre soldat le tenait par l'épaule gauche.