Pour l'instant, le danger, selon Jean, était double. Il fallait convaincre le grand orateur et le grand écrivain: et il ne se dissimulait pas que ce serait difficile. Ensuite, il fallait échapper à l'étroite surveillance de la police.
Le marquis ne s'inquiétait même pas du sort d'Aubin Ploguen, qu'il laissait aux mains de ses ennemis.
Le Breton et lui étaient convenus, longtemps à l'avance, de ce qu'ils feraient en pareil cas.
Quand Aubin Ploguen avait loué, dans la maison de la rue du Petit-Pas, la chambre que nous connaissons, il l'avait fait, nous le savons, en prévision de l'avenir.
—Si la police arrive pendant une de nos réunions, monsieur le marquis, vous et vos amis n'aurez qu'à ouvrir la porte secrète.
—Mais toi?
—Moi, je resterai.
—On t'arrêtera.
—Je le sais bien. Mais rassurez-vous, je m'échapperai bien vite.
Puisque Aubin Ploguen avait promis de s'échapper, Jean était tranquille: il tiendrait parole.