OU M. JUMELLE JOUE DE MALHEUR
Nous avons laissé le sous-chef de la police politique menaçant les ouvriers du cabaret de les arrêter au nom du roi, s'ils ne lui donnaient pas le signalement de l'homme qui avait relevé l'enfant.
Le premier sentiment que ceux-ci éprouvèrent fut de la stupeur; le second fut de la colère.
Le peuple a la haine de l'agent de police, et il a en partie raison.
Nul plus que nous ne respecte les obscurs et héroïques défenseurs de l'ordre public, ceux qui risquent leur vie à chaque heure pour protéger la nôtre. Mais il y a une grande différence entre l'agent de police qui suit, pas à pas, le meurtrier, pour le livrer à la justice du châtiment, et l'agent de police qui espionne au profit de la politique.
Le premier est un soldat;
Le second a été, avec raison, flétri par la conscience populaire de l'ignoble nom de mouchard.
Et, au premier regard, on devinait en M. Jumelle un agent politique.
Aussi les ouvriers sentirent l'indignation s'emparer d'eux, à la demande de signalement qui leur fut faite.
Peut-être, en toute autre occasion, se seraient-ils contentés de répondre évasivement, évitant ainsi de compromettre soit l'homme poursuivi, soit eux-mêmes.