Fernande calcula le temps matériel pour qu'elle parvînt à son adresse.

Puis elle attendit impatiemment.

Elle se rendait compte des retards qui pouvaient reculer le moment où elle verrait Jérôme Hébrard.

Peut-être l'ouvrier n'était-il pas chez lui, peut-être ne rentrerait-il qu'à une heure assez avancée de la soirée?…

La journée s'écoula ainsi. La servante qui avait porté la lettre revint au bout de deux heures. En effet, Fernande ne s'était pas trompée dans ses craintes: Jérôme était absent; il fallut qu'elle attendît encore.

Comme tout être humain qui se voit menacé d'un péril prochain, elle s'imaginait que ce péril augmentait à mesure que les heures s'ajoutaient les unes aux autres.

Enfin, à sept heures du soir, on vint lui dire que quelqu'un demandait à lui parler.

Son cœur battit à rompre quand elle entendit annoncer celui qui allait servir de messager à sa douleur.

Elle avait refusé de descendre pour partager le dîner de son père. M. Grégoire ne s'en était pas autrement préoccupé. Sa fille, étant prisonnière, ne pourrait communiquer avec personne. Cela lui suffisait.

Enfin, Fernande se rendit au salon et se trouva en face de Jérôme.