Une petite ruelle reliait ce jardin à la rue latérale.
L'homme qui suivait la chaise de poste tira une clef de sa poche et ouvrit la petite porte du jardin.
S'il avait jeté les yeux derrière lui, il aurait vu Jean et Jérôme s'y glisser après lui.
XXIV
L'ENLÈVEMENT
Le gentilhomme et l'ouvrier se cachèrent derrière un épais massif d'arbres dépouillés.
Il régnait une lugubre tristesse dans ce jardin noirci par l'hiver.
Le vent sifflait à travers les branches gercées par le froid, et à l'extrémité de quelques jeunes chênes pendait du givre.
Jean et Jérôme étaient là, immobiles, malgré cette température glacée qui les gagnait peu à peu. Muets, serrés l'un contre l'autre, ils cherchaient à percer du regard l'ombre étendue devant eux.
L'homme qu'ils avaient suivi traversa tout le jardin et arriva devant la porte de la maison.