D'ailleurs, bien qu'on fût en pleine nuit, des lumières brillaient aux fenêtres du château.

Aubin Ploguen redescendit et fit entrer les deux Bretons dans la haute et vaste cuisine. Il alluma dans l'âtre un feu de sarments pétillant et joyeux.

Puis il mit sur la table des plats de viande et de légumes et un fort pichet de cidre.

—Prenez et mangez, mes gars, dit-il. Après, je vous conduirai dans vos chambres.

Si Aubin Ploguen avait été un observateur, il eût remarqué que le petit compagnon de Leneguy avait les mains bien fines pour un paysan.

—Comment s'appelle ce petit gars, monsieur Leneguy? demanda-t-il.

Celui-ci regarda le fils de Cibot Ploguen d'un air naïf.

—Quoi! tu ne le reconnais pas?

—Non.

—C'est le dernier du vieux Gouësnon, mon camarade à la chouannerie sous
Charette.