—Assez!

—Oh! écoutez-moi!…

—Qu'auriez-vous à me dire? Vous êtes le seul félon qu'il y ait jamais eu dans ma famille! Je vous ai enseigné l'honneur; qu'avez-vous fait de votre honneur? Je vous ai enseigné la loyauté; qu'avez-vous fait de votre loyauté? Vous les avez flétris, souillés, déshonorés, quand ils n'étaient pas à vous, mais à ces aïeux dont vous venez, et vers qui je retourne!

—Ah! vous êtes cruel! Vous m'avez envoyé à Paris… Est-ce ma faute à moi si je n'ai pas vu la vérité où vous la voyez? si je crois à d'autres dieux que ceux que vous adorez?… Mon père, je suis coupable peut-être, mais je ne suis pas un félon! Rendez-moi votre estime, au moins, si vous ne me pardonnez pas!

—Je vous ai maudit!

—Souvenez-vous de ma mère… de ma mère qui m'a porté dans ses flancs! Je suis votre sang, comme je suis son sang, votre chair, comme je suis sa chair… Faut-il que je me jette à vos genoux, que j'implore mon pardon… Vous voyez, je pleure, mon père!…

Le marquis regardait son enfant.

Un violent combat se livrait dans son âme. Cet homme éprouvé par des tortures si diverses, fléchissait sous le poids de tant de souffrances.

Philippe le vit pâlir et chanceler.

Il crut que son père cédait et pardonnait.