Les compagnons de Madame ne voulurent pas lui permettre d'aller plus avant. On la ramena à la maison d'où elle était partie. Elle changea de vêtements, et décidée, dès lors, à changer de route, monta en croupe derrière un paysan. En raison du détour, elle n'arriva que le 18 mai au village de Montbert. Elle y coucha…
Cependant, des gendarmes ayant été aperçus aux environs, il fut décidé que, pour plus de sûreté, Madame se réfugierait ailleurs. On approchait du moment décisif, et il ne fallait pas risquer de tout perdre par une imprudence inutile.
Aussi le lendemain, 20 mai, Madame se rendit dans une ferme voisine.
Ce ne fut que le 21 au soir, que Son Altesse repartit pour gagner la commune de Legé, où devaient se rendre M. de Breulh, et, à son défaut, M. Berryer.
Ce fut en effet ce qui arriva.
Les royalistes de Paris étaient de plus en plus surveillés. Les ministres de Louis-Philippe devinaient que cette insurrection vendéenne serait sérieuse, et faisaient tous leurs efforts pour arrêter, sinon supprimer, ce qui leur était impossible, tout échange de correspondances entre Paris et la Vendée.
Aussi les royalistes de Paris se dirent que si l'un d'eux se risquait à faire le voyage, il serait aussi surveillé étroitement.
Une imprudence pouvait amener la découverte de la retraite de Madame, et par conséquent son arrestation.
Il y eut un moment d'embarras et d'ennui très-réel pour eux.
Heureusement survint une circonstance fortuite qui sauva tout.