X

LES BOIS DE MACHECOUL

Jean de Kardigân et ses amis avaient été fidèles au rendez-vous. Le 4 mai, toutes les troupes placées sous son commandement, et qui, sans compter les non-valeurs, se composaient de douze cents hommes, se trouvèrent réunies dans les bois de Machecoul.

Mais revenons de quelques pas en arrière.

Le lecteur a, nous l'espérons, gardé le souvenir de cette nuit agitée où le marquis, la Pâlotte, Jacquelin et Aubin Ploguen avaient fait leur expédition à la crique de Bel-Râch.

Au retour, Henry du Puiseux, arrivé sur le brick hollandais l'Espérance, avait remis au marquis les dépêches et les ordres de Madame.

Puis, deux paysans, un jeune, Pinson, un vieux, Leneguy, étaient venus frapper à la porte du vieux manoir pour demander l'hospitalité.

Nul n'avait soupçonné que Pinson était cette Fernande, dont le marquis s'était brusquement séparé. Seul, Aubin Ploguen s'était douté de quelque chose; seul, le Breton fidèle avait pressenti qu'un mystère était caché sous le déguisement de la jeune fille.

A son réveil, Pinson éprouva ce double et contraire sentiment de la crainte et de la joie.

La joie… car elle était près de Jean.