La fenêtre se referma, et la Pâlotte n'entendit plus que le bruit des pas d'un homme qui s'éloignait.
Elle rentra dans sa mansarde, et, haletante, émue jusqu'au fond de l'âme, elle se mit à réfléchir à la portée, à la signification de la scène nocturne qu'elle venait de surprendre.
—J'avais bien deviné, pensait-elle. Ce Pinson est un espion, un traître! Il veut vendre le maître… Mais je suis là, moi!
Elle marchait dans l'étroite chambre, les bras croisés sur sa poitrine; un feu sombre brillait dans ses yeux.
—Et tous ces hommes qui sont les amis du maître n'ont rien vu! Ils ont cru à ce Pinson! Oui, mais eux, ce ne sont que les amis, tandis que moi… tandis que moi!…
Elle s'arrêta.
Puis, elle reprit avec une animation croissante:
—Je garderai ce secret pour moi seule. Je veux être seule à veiller… Quand il saura que je l'ai sauvé, peut-être son cœur s'amollira, et alors!…
Un sourire vint effleurer la lèvre de cette splendide créature.
Elle resta quelques instants encore à rêver; puis elle s'étendit sur sa couchette. Mais elle ne put dormir.