Le lecteur sait que sous ces humbles noms se cachaient les noms glorieux de MM. de Charette, de Coislin et d'Autichamp.

—Expliquez-vous, maintenant, dit Petit-Pierre à Jean-Nu-Pieds, et répétez à ces messieurs ce que vous venez de me dire.

Jean recommença le récit que lui avait fait la veille Jérôme Hébrard.

Tous les trois furent également frappés de son importance.

—Le fait, en lui-même, peut être exagéré, dit Louis Renaud, mais il importe de ne pas le négliger.

—Certes, reprit Gaspard; seulement je crois que ce traître ne peut pas être dans nos rangs. C'est impossible!

—Tel est aussi mon avis, dit Marchand. Quelle est l'opinion de
Petit-Pierre?

—La même.

—Il faut donc le chercher ailleurs, déclara Jean-Nu-Pieds, c'est-à-dire en dehors de nos soldats. Mais à qui avons-nous confié nos secrets? A personne. Excepté ceux qui se battent et qui meurent, nul ne connaît notre organisation, nos moyens d'armement.

—Pardon, répondit la princesse, il y a au moins une personne qui est au courant de tout.