Dans un coin de ce qu'on appelait «l'état-major», se trouvaient deux de nos connaissances: la Pâlotte et son fils.

Bien qu'ils ne portassent pas de fusils, leur rôle ne devait pas être moins glorieux, ni moins important. Jacquelin et sa mère traînaient une petite charrette à bras, contenant de la charpie et des médicaments.

Aller chercher des blessés sur le champ de bataille, c'est aussi beau que de se battre.

Les bleus arrivaient en masses serrées par la route montante qui va de Nantes à Pornic et passe par Château-Thibaut, en faisant un coude vers la Maine.

Quand ils furent arrivés au sommet de la montée, on put apercevoir briller au loin les canons des fusils, aux reflets des rayons du soleil.

—Allons! dit Henry, dans une demi-heure, le bal commencera.

Jean-Nu-Pieds disposa sa petite armée en deux corps: l'un, commandé par Henry, alla se poster à l'est du lac de Grandlieu; l'autre resta sur la route, échelonné en petites bandes serrées.

Le premier devait prendre les bleus de côté, pendant que le second attaquerait de face.

Aubin Ploguen avait détourné son attention des troupes de ligne pour examiner Pinson.

Pauvre Pinson! Il semblait bien en peine d'armer son fusil, et même de glisser une cartouche dans le canon.