Mais il avait beau tourner et retourner cette question dans sa cervelle, il n'arrivait pas à trouver quelque chose de satisfaisant.
Quand il parvint au campement des Vendéens, il étendit Pinson sur un lit de fougères, et attendit avec impatience le retour de la Pâlotte.
Ce rude Breton comprenait dans sa naïveté première que la jeune fille avait surtout besoin des secours d'une femme.
—Ah! te voilà, mon Aubin, dit le marquis en apercevant son fidèle serviteur; qu'étais-tu donc devenu?
—Maître, j'ai porté dans mes bras, jusqu'ici… le petit Pinson… vous savez?… le dernier fils au Gouësnon?
En faisant cette réponse, Aubin Ploguen ne perdait pas de vue son maître. Il semblait guetter en lui une émotion ou une gêne.
En effet, Jean rougit légèrement quand il entendit prononcer le nom de
Pinson.
—Pauvre petit! continua Aubin… c'est faible et délicat… délicat comme une femme!… Ce n'est pas fait comme nous, pour la grande vie sans toits, pleine de luttes et de fatigues.
Jean cherchait à comprendre si Aubin mettait une intention dans ses paroles, mais le visage du serviteur restait impassible. Ses yeux regardaient dans le vague.
Il reprit, plus bas: