—Dans deux heures.

Jean se hâta de faire ses derniers préparatifs. En vérité, sa vie était si pleine d'événements depuis la révolution de Juillet, qu'il ne s'étonnait plus de ce qui pouvait y survenir d'imprévu.

Aubin Ploguen restait au château.

L'affection qu'il portait à Jean avait doublé. Il sentait que la fin du marquis était proche, et que le comte resterait seul, n'ayant plus que lui.

—Ne trouvez-vous pas M. de Kardigân bien changé? lui demandait une fois le curé du bourg.

—Oh! oui… c'est mon opinion.

Le père et le fils montèrent à cheval.

—Où allons-nous, monsieur? demanda Jean à son père, au moment où ils passaient sous la verte allée du parc.

—Mon fils, nous allons saluer le roi de France. Il est bon de renouveler son serment de fidélité aux souverains qui partent en exil…

VIII