—Parlez vite!…

—Quand je serai retourné à la ferme, je dirai aux compagnons de venir, et, à nous tous, nous aurons vite creusé un trou assez grand.

—Partez vite! reprit Fernande.

Le paysan s'élança en courant et disparut derrière un monticule de la lande.

Restées seules, les deux jeunes femmes ne voulurent pas se reposer. L'amour emporté de l'une avait autant de vaillance que l'amour chaste de l'autre.

Au bout d'une demi-heure, les ouvriers de la ferme parurent. Ils portaient des pelles et des pioches sur leurs épaules. C'étaient des fidèles: quel était le paysan qui ne fût pas royaliste en Bretagne?

Ceux qui n'étaient pas de corps avec les Vendéens étaient avec eux de pensée. Les gars eurent bientôt mis habit bas. Jacqueline et Fernande furent chargées de veiller sur la route. Quand ils n'étaient que trois, leur travail ne courait aucun risque d'être interrompu.

Mais, maintenant qu'ils étaient une dizaine, des soldats pouvaient passer, et se demander ce que faisait là ce rassemblement à une pareille heure?

La besogne fut vivement attaquée. A mesure que les gars creusaient, on entendait se reproduire plus perçant le cri d'appel qui avait déjà frappé l'oreille de Fernande.

De temps en temps, la jeune fille ou Jacqueline venait en courant pour voir si l'espérance soudaine que Dieu leur envoyait se réalisait.