XIX
LE JOURNAL DE FERNANDE
Jean-Nu-Pieds suivit le «loyal, le vieux serviteur,» ce seul Caleb survivant de tous les Calebs du temps passé! Ainsi que le lui avait dit M. Jumelle, une petite porte s'ouvrait dans le mur du jardin et conduisait à la campagne.
Notre héros marchait, préoccupé de savoir quelle trahison pouvait bien cacher ce subit intérêt de l'agent de police, et de ce que contenait le journal de Fernande.
La Licorne était aussi parfait dans son rôle que M. Jumelle dans le sien. Nous serions injuste en ne le reconnaissant pas. Il guida le marquis à travers le jardin, et là, d'une voix solennelle, il dit:
—Monsieur est libre.
Puis il ajouta, voyant que M. de Kardigân ne lui répondait rien:
—Où monsieur va-t-il se rendre, pour que mon maître lui donne de ses nouvelles, s'il est besoin?
—Ici, demain, à neuf heures du matin.
Jean-Nu-Pieds s'éloigna lentement.