—M. Berryer est arrêté.

Il fallut aux deux jeunes gens une grande puissance sur eux-mêmes pour ne pas jeter un cri. De Puiseux serra fortement le bras de Jean. Puis, il ajouta:

—Bon tabac!—Voulez-vous me prêter votre journal?

—Volontiers.

Ce soir-là, Henry, alias Nestor Mirliflor, ne fit pas une bien longue visite à madame Ravine. Il avait hâte d'entraîner Jean.

Dès qu'ils furent rentrés chez eux, ils ouvrirent le journal qui contenait le procès-verbal suivant:

«Le 10 octobre de l'an 1832, vers une heure du matin, nous, Martin
(Édouard-Louis), brigadier, Camus (Napoléon), Durand (Jean-Baptiste) et
Jannet (Joseph), gendarmes soussignés;

Certifions qu'en vertu des ordres de nos chefs supérieurs, nous nous sommes transportés sur la route qui conduit de la ville d'Angoulême à celle de Cognac, pour rechercher et arrêter le nommé Berryer, député;

L'ayant rencontré, nous nous sommes assurés de sa personne, et l'avons conduit devant M. le préfet de la Charente, lequel nous a délivré l'ordre de le conduire de brigade en brigade devant M. le préfet de la Loire-Inférieure à Nantes.

Fait et clos à Angoulême, les jours, mois et an que dessus.»