Il tira une lettre de sa poche.
—J'aurais dû la mettre à la poste… Il faut que je la relise…
«MONSIEUR ABRAHAM SIMONS,
13, rue de Valois,
Paris.
Monsieur,
J'espère que vous voudrez bien faire une réponse favorable à la lettre que je vous adresse. Depuis dix ans je connais mademoiselle Rébecca Simons. Je n'aurais pas osé prétendre à sa main, si un parent éloigné ne venait pas de m'instituer son légataire universel. J'hérite de cinq cent mille francs. J'irai moi-même la semaine prochaine chercher votre réponse, que j'espère favorable.
Votre bien dévoué,
DEUTZ.»
Qu'on ne s'étonne pas de la singularité de cette lettre. Deutz rêvait les splendeurs des banquiers juifs. Il voulait entreprendre, à son tour, de fonder une de ces colossales maisons qui disposent à leur gré des marchés de l'Europe.