—Je vous remercie, M. Deutz. Ce qu'on fait pour l'un des miens, me touche autant que ce qui est fait pour moi. Continuez, je vous prie.
—Votre Altesse sait, sans doute, que la Cour de cassation a décidé que M. Berryer serait traduit non devant un conseil de guerre, mais devant la juridiction ordinaire. De plus elle a blâmé l'arrestation d'un député à la Chambre. De son côté, le barreau de Paris a envoyé une adresse de félicitations à M. Berryer pour la fermeté de son attitude. Il est résulté de tout cela que l'opinion publique, et une partie de la magistrature, se sont rangées du côté du prisonnier. Et le procureur général ou l'avocat général qui a fait aujourd'hui fonction de ministère public a dû abandonner l'accusation.
—Donnez-moi la main, monsieur Deutz. De pareilles nouvelles méritent une récompense.
La figure du traître resta impassible. Il se contenta de s'incliner respectueusement.
—On m'a dit que vous aviez des dépêches à me remettre?
—Oui, Madame.
—Donnez.
—Voici une lettre de Sa Majesté la reine d'Espagne. Elle m'a été remise par le comité royaliste de Paris. Mais comme jusqu'à présent, je n'ai pu parvenir auprès de Votre Altesse…
—Oui, une consigne a été donnée, M. de Charette tient à ce qu'elle soit respectée pour tout le monde.
Madame avait décacheté la lettre d'Espagne.