—Vous avez reçu ma lettre, monsieur? demanda Deutz.
—Oui, monsieur, et, bien que je n'eusse pas l'honneur de beaucoup vous connaître, elle n'a pas laissé de m'étonner. Vous êtes amoureux de ma fille?
—Mon souhait le plus ardent serait de l'épouser.
—J'ai pris des renseignements sur vous. Je ne vous cacherai pas que ces renseignements sont bons. Vous appartenez à une famille honorable; mais on a paru fort étonné, lorsque j'ai annoncé que vous veniez de faire un héritage considérable.
Deutz ne se déconcerta pas.
—J'ai hérité de cinq cent mille francs, dit-il.
—On m'a appris, en outre, que vous aviez abandonné votre religion pour embrasser le culte catholique. Ce pourrait être une objection pour d'autres; dans ma famille, ce n'en est pas une. Donc, votre recherche n'a rien qui puisse me déplaire. Cependant, je dois vous prévenir de deux choses: d'abord, je désire vous connaître, vous étudier; ensuite, c'est ma fille qui prononcera en dernier ressort. Je n'entends pas plus contrarier sa volonté que celle de mes autres enfants.
Deutz trembla. Un mot de M. Simons ne tarda pas à le rassurer:
—Il vous est facile de lui plaire, reprit-il. Je l'ai interrogée: elle n'a encore distingué personne. Nous passerons maintenant à la question affaire. Je donne à ma fille une dot de trois cent mille francs. Mais j'exige que sa dot et la vôtre soient placées dans ma banque. En quelles valeurs est votre héritage?
—Comptant.