Elles apportaient au fidèle Breton, des nouvelles de M. Legras-Ducos. Il mourut pendant l'hiver qui suivit les événements que nous venons de raconter, et un an après, Fernande et Jean étaient mariés.

Six mois avant cette union, Aubin, Jean-Nu-Pieds et Henry de Puiseux partirent soudainement pour les États-Unis. Le bruit s'était répandu quelque temps avant que Deutz avait paru en Amérique… Les glorieux vendéens avaient-ils été par delà les mers accomplir leur œuvre de haute justice? C'est ce que nous raconterons un jour…[18]

Philippe de Kardigân a illustré son nom de Robert Français.

Quant à Henry de Puiseux, il vécut auprès de ses amis jusqu'en 1837. Sa gaieté avait pris une teinte assombrie. Il se rappelait! Il se rappelait sans doute les morts de la Pénissière, ces héroïques défenseurs d'une grande cause qui avaient succombé pour leur drapeau. Combien d'entre eux son souvenir allait-il chercher, couchés sous la terre bretonne, oubliés, eux aussi!

Oui, oubliés!

Le cœur des partis politiques ressemble au cœur des hommes par l'ingratitude..

Qui sait aujourd'hui les noms de ceux que nous avons écrits dans ce livre, et que nous sommes fiers d'avoir rappelés à l'admiration et au respect?

Par une belle soirée de l'année 1837, pénétrons au château de Kardigân. Nos lecteurs nous ont accompagné déjà dans la première partie de cette longue histoire. La brise de la mer arrive parfumée et chaude.

Fernande et Jean sont assis sur la grande terrasse, en face de laquelle le docteur Lambquin, faisait naguère ses expériences.

—As-tu des nouvelles d'Henry? demande Fernande à son mari.