—Voyons, pourquoi nous as-tu fait donner des cartouches, distribuer des postes de combat et abattre des arbres, si tu désirais nous voir évacuer le château?
—Je ne désirais rien…
—Mais encore?
—Eh bien, voilà, j'ai tout fait préparer pour la bataille, parce que j'étais sûr que vous voudriez rester.
Trente mains se tendirent vers Jean.
—Maintenant, messieurs, à nos postes.
En quittant la salle, il jeta un regard humide sur Aubin Ploguen qui dormait toujours.
—C'est la première fois que tu dormiras pendant que nous nous battrons, murmura-t-il.
Un religieux silence avait suivi l'agitation momentanée des premières minutes. Chacun de ceux qui étaient là se rendait compte de la gravité de la situation et du danger qui planait sur leurs têtes.
Était-ce la crainte de la mort?