Le troisième et le quatrième rang restaient. Le commandant Georges s'élança sur les balles qui pleuvaient.
—En avant! en avant! cria-t-il.
—Plus vite! plus vite encore! dit Jean à ses deux clairons.
Et comme s'ils n'attendaient que ce signal, les Vendéens firent un feu de bataillon qui renversa encore le troisième rang.
Georges jeta son sabre et arracha une hache aux mains d'un sapeur.
—Suivez-moi! cria-t-il.
Les soldats se jetèrent derrière leur chef, qui arriva sur le perron et leva sa hache, voulant abattre la grande porte barricadée. La porte cédait déjà, moins sous les coups de hache qui mordaient à peine sur les ais de vieux chêne, que sous l'effort de cent poitrines, quand Jean-Nu-Pieds voulut que les siens et lui se réfugiassent au premier.
En effet, ils se précipitèrent sur l'escalier et parvinrent au premier étage. Là, ils décarrelèrent le plancher, de même que les soldats avaient enlevé la toiture, et attendirent. Les clairons se taisaient. Ils ne devaient sonner que pendant la bataille. Tout à coup, la grande porte céda et un flot d'assaillants se précipita dans le rez-de-chaussée.
Aussitôt les clairons retentirent, plus pressés, plus fiers encore! Les chouans, couchés sur le parquet, tiraient de haut en bas, à travers les poutres laissées à jour par le décarrelage. Les soldats essayèrent un moment de se défendre, mais c'était inutile: ils tombaient tous, frappés les uns après les autres, et frappés par un ennemi d'autant plus effrayant qu'il était invisible.
La panique les reprit à nouveau, et ils abandonnèrent le rez-de-chaussée avec des cris d'épouvante, auxquels les chouans voulurent encore répondre, mais cette fois par des acclamations: on entendit les clairons sonner la retraite, et les Vendéens criaient: