Non. Je reprends. Tout à l'heure Godefroy et moi nous avons discuté avec madame Dubois les clauses du contrat de mariage. Si certains points sont restés trop obscurs, d'autres sont devenus trop clairs; elle a parlé plusieurs fois de sa sœur, de la mère de son neveu. Elle a donc cherché à nous tromper sur un point; elle peut chercher à nous tromper aussi sur le reste. Et voici que l'on me parle soudainement d'une ressemblance extraordinaire qui existe entre madame Dubois et cette fille nommée Coralie; voici que vous, l'ancien amant de Coralie, vous qui ne connaissiez pas madame Dubois, vous causez longuement avec elle... Eh bien!... c'est absurde, soit!... mais je me dis: «Est-ce que par hasard madame Dubois et Coralie ne seraient point la même et unique personne?»

MONTJOIE, froidement.

Je l'ignore, monsieur; puis, tout cela ne me regarde pas.

BONCHAMP.

Ou j'ai raison, ou j'ai tort dans mon soupçon. Si j'ai tort, dites-le-moi; si j'ai raison, souvenez-vous de l'accueil qu'on vous a fait en cette maison, et décidez, dans votre conscience, si vous devez vous taire ou parler.

MONTJOIE.

Monsieur...

BONCHAMP.

Un mot tranchera la question; donnez-moi votre parole d'honneur que madame Dubois n'est pas Coralie, et je me tiens pour satisfait. (Montjoie se tait.) Votre silence répond, prenez garde!

MONTJOIE.