BONCHAMP.
Mon bon ami, tu déraisonnes; gentiment, mais tu déraisonnes. Dieu garde ta fille d'une souffrance pareille à celle de ce malheureux garçon! Quand je l'ai vu ce matin, il m'a fait mal. Et sa mère assiste à ce martyre, qui est son ouvrage! Cependant, il n'a pas hésité quand je lui ai demandé un nouveau sacrifice. Je lui ai dit ce que je t'ai dit à toi, ce que ta sœur ne cesse de te répéter: Il faut que la rupture vienne de Daniel! Autrement, Édith nous en voudra, elle nous accusera. Si elle se croit oubliée, elle souffrira beaucoup tout d'abord; mais comme elle est fière, après un temps plus ou moins long, l'orgueil guérira l'amour.
GODEFROY.
Alors il va venir ici?
BONCHAMP.
Oui.
GODEFROY.
Cela m'ennuie de le voir, moi, ce garçon.
CÉSARINE.
Tu ne le verras pas. Le domestique nous préviendra de l'arrivée de Daniel.