Mais pleurez donc, Daniel, vous en mourez d'envie!
DANIEL.
Ah! que vous êtes cruelle! Oui, je t'aime, ma fiancée perdue, et jamais ma tendresse n'a été plus profonde qu'à l'heure où je te dis adieu. J'espérais avoir assez de force pour jouer mon rôle jusqu'au bout, je ne peux plus, non, je ne peux plus! Je pleure et je te quitte, et je mourrai de te perdre... Adieu!
ÉDITH, le retenant.
Non... non...
DANIEL.
Par pitié, laisse-moi, ne me retiens pas, ne me demande rien... Je ne peux rien t'avouer... Sache que je porterai le deuil éternel de mon amour. Sache que je serai toujours près de toi, quelque éloigné que je te paraisse. Je t'aime, et je renonce à toi. Je t'aime, et je te désespère... C'est toi qui pleures maintenant...
ÉDITH.
Je ne te demande plus rien. Je te rends ta liberté... Si tu ne me révèles pas ton secret, c'est que tu estimes que je dois l'ignorer. Ce que tu fais est bien fait. Mais je veux savoir tout ce que tu as le droit de m'apprendre.
DANIEL.