CÉSARINE.

Tiens! tu n'es pas digne d'être mon frère! Je soutiens, moi, que cette naissance illégitime est un avantage... Aux temps glorieux de la chevalerie, le bâtard était réputé gentilhomme. Il me suffira de citer l'exemple bien connu de l'illustre Roscelin, né des amours de la belle Zénire et de Tristan de Léonnois. Daniel n'a pas de famille! Nous serons la sienne. De cette façon nous ne perdrons Édith qu'à moitié. Ne me parlez pas de ces gendres suivis d'une ribambelle de beaux-pères, de belles-mères et de belles-sœurs!

GODEFROY.

Mais Montauban? Que dira Montauban, ma bonne amie?

CÉSARINE.

C'est l'opinion de Montauban qui te fait peur? Quitte Montauban, va à Paris! D'ailleurs nous pouvons rester ici et faire le mariage sans éclat, on n'y verra rien.

GODEFROY.

Es-tu sûre au moins qu'Édith l'aime?

CÉSARINE.

Si j'en suis sûre! Si j'en suis sûre? (Elle sonne.—Un domestique entre.) Tu vas voir! Priez mademoiselle de descendre au salon. Son père et moi désirons lui parler.