—Oui, mon chéri.

—Moi qui voulais lui dire adieu!

—Il t'a embrassé pendant que tu dormais.

Françoise regardait son fils, laissant glisser son ouvrage sur ses genoux. Certes, la santé lui reviendrait bien vite. Mais quelle pâleur sur ses joues! comme il souriait tristement, lui toujours si gai!

—Ne parle pas trop, reprit-elle. Tu ferais mieux de lire. Veux-tu que je te donne le livre de Mlle Aurélie?

—Merci, maman. J'aimerais mieux Aurélie que son livre. Elle est si amusante!

—Je vais la chercher, répliqua Françoise, heureuse de satisfaire le caprice de son fils.

Mlle Aurélie Brigaut, une brunisseuse, demeurait porte à porte. Rousse, assez galante, jolie fille, très gaie, elle riait toujours, peut-être pour montrer ses dents blanches. Aurélie aimait bien Mme Rosny, mais elle raffolait de Jacques.

—Ah! s'il avait cinq ou six ans de plus! disait-elle parfois en soupirant.

Elle n'affectait pas de pruderie méchante, pas de vertu poseuse. Bonne enfant, elle choisissait ses amours par caprice, et non par intérêt. Ces amours-là changeaient souvent: voilà tout. Elle arriva bien vite auprès du gentil malade.