Jamais tragédie, dans aucun pays, n'avait offert un spectacle aussi noble et aussi touchant. On remarqua que le Dauphin et madame la Dauphine saisirent tous les traits qui développent la bienfaisance et leur attachement pour le roi et la nation. L'auteur eut l'honneur de leur être présenté après la représentation, et il reçut des deux princes, des éloges et des témoignages de leur satisfaction, récompense flatteuse et que méritait son œuvre patriotique.

FIN DU PREMIER VOLUME.


NOTES

[1] Jean Allais, ou plutôt Pont-Allais, contemporain et camarade de Gringoire, l'auteur de la Sottie intitulée: Le Jeu du Prince des sots, était bossu et avait de l'esprit. On le recevait chez les grands personnages de l'époque, ce qui lui donnait de l'audace. Rencontrant un jour un cardinal contrefait, il vint se mettre bosse à bosse avec lui, en s'écriant: «Monseigneur, que l'on dise maintenant que deux montagnes ne peuvent se rencontrer?» L'Éminence trouva la plaisanterie d'assez mauvais goût.

Avant qu'on n'affichât les pièces qu'on devait jouer, on était dans l'usage de les annoncer par les rues et les carrefours, au son du tambourin. Un dimanche matin, Pont-Allais eut l'audace de faire battre le tambourin près l'église Saint Eustache. Le curé était en chaire. Ses paroissiens sortant de l'église pour entendre l'annonce du spectacle, le curé se précipite vers l'entrepreneur de Mystères par représentations, en lui disant: «Qui vous a fait si hardi de tambouriner pendant que je prêche?—Et vous, reprend aussitôt Pont-Allais, qui vous a fait si hardi de prêcher quand je tambourine?»

Cette incartade valut six mois de prison à Pont-Allais.

[2] Dans les Confrères de la Passion, on doit voir l'origine première de la troupe du Théâtre-Français; dans les Enfants Sans-Souci, Clercs de la Bazoche, est l'origine première des troupes des théâtres forains, théâtres qui engendrèrent plus tard l'opéra, l'opéra-comique, le vaudeville, et même le drame.

[3] C'est la première comédie en cinq actes qui ait été écrite en prose, si nous en exceptons celle de Plutus, traduite d'Aristophane, par Ronsard, le père de la poésie française, et représentée en 1539, à Paris, au collége de Coquerel.